LES DERNIERS PIGEONS SOLDATS D'EUROPE
     
LES DERNIERS PIGEONS SOLDATS D'EUROPE
Agents de transmission jusque dans les années 1960, les pigeons-voyageurs militaires français sont élevés dans le dernier colombier militaire d’Europe, dans la forteresse du Mont Valérien à Suresnes.

Dès la guerre franco-prussienne de 1870 et le siège de Paris, ces soldats sont le seul moyen de communiquer avec la capitale. Après ce conflit, des régiments développent la spécialité colombophile. L’Armée française en est le fer de lance. Pendant la Première Guerre mondiale, près de 30 000 pigeons sont utilisés par la France, 20 000 d’entres eux meurent en sacrifice pour le pays. Un de ces pigeons va connaître une notoriété inégalée : « En 1916 le commandant Raynal, sous la pression allemande au fort de Vaux, envoie son dernier pigeon avec un message de détresse. Ce pigeon appelé le Vaillant, est son ultime espoir. Volant dans la fumée et la mitraille, les gaz toxiques et les plus de 8000 obus allemand envoyés par jour sur le fort, le pigeon Vaillant atteint son objectif et diffuse à temps son message. L’Armée en reconnaissance de la Nation, lui rendra un hommage inédit pour un animal de l’Armée, et lui décerne la Croix de Guerre. »

Aujourd’hui dans la forteresse du Mont Valérien, au sein du 8e Régiment des transmissions, dernier bastion de la colombophile militaire, le sergent Sylvain Rouffelaers s’occupe des 180 derniers pensionnaires de l’Armée française. Colombophile de père en fils, il s’occupe de ses troupes d’élite. Régulièrement passées en revue et entrainées comme des athlètes de haut niveau. Un pigeon-voyageur peut voler jusqu’à 120km/h et peut parcourir plus de 1000 kilomètres en une fois. Le sergent est le spécialiste de ces militaires d’un genre particulier, en un coup d’œil il repère un futur crack. L’âge mûr de ces cracks c’est entre 1 an et 6 ans. Et le crack du fort c’est Vaillant. Baptisé de cet illustre nom par sa fille et répondant à une tradition du 8e Régiment des transmissions pour les responsables des colombiers militaire, Vaillant est devenue le pigeon du sergent. Confiant en sa recrue, c’est elle qui aura la charge de délivrer le premier message officiel en cas de black-out.

À l’heure d’internet, du tout électrique et des satellites de communication, en cas de catastrophe majeure, le pigeon sera le seul et unique recours. Ancêtre du drone, des pigeons de la 1re Guerre étaient équipé d’appareil photo pour espionner l’ennemie, des pays comme la Chine en recrutent des dizaines de milliers pour son armée. La France dispose d’un des plus grands réseaux de colombophile amateur au monde. Plus de 15 000 colombiers y sont implantés sur tout le pays. Autant de relais qui peuvent a tout moment être réquisitionné par l’Armée. Le sergent et Vaillant eux sont prêts.
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